Souhayb déclara lui-même que, malgré toutes ses occupations commerciales, il n’attendait qu’une seule chose : l’annonce du dernier Prophète. À son retour d’un de ses voyages, on l’informa que Muhammad ibn ‘Abdillah avait déclaré être envoyé par Allah à l’humanité tout entière, les appelant à l’adoration d’Allah l’Unique, à la justice et à la bienfaisance, et leur interdisant les turpitudes et les actes blâmables.
Il demanda : « N’est-ce pas celui qu’on surnomme Le Digne de Confiance ? », et on lui répondit par l’affirmative, tout en le mettant en garde de ne pas trop s’y intéresser, lui qui n’avait ni clan ni famille pour le protéger, sous peine de subir de la part des Quraysh une torture tant physique que psychologique. Et il en fut ainsi, car l’appel de l’Islam, qui allait donner un sens à sa vie, n’avait pas de prix. Il se convertit le même jour que ‘Ammâr ibn Yâsir, et ils firent partie des trente premiers à avoir embrassé la foi.
Souhayb faisait partie des premiers à avoir affiché leur Islam à La Mecque. Cependant, comme il était un affranchi (mawlâ), Quraysh le considérait comme faible et le torturait. Mujâhid ibn Jabr rapporta :
« Les premiers à afficher leur Islam furent sept : le Prophète ﷺ, Abou Bakr, Bilâl, Souhayb, Khabbâb, ‘Ammâr ibn Yâsir et Sumayya, la mère d’Ammâr (qu’Allah les agrée tous). Le Prophète ﷺ fut protégé par Allah, Abou Bakr fut défendu par son peuple, mais les autres furent capturés, revêtus de cottes de mailles, puis exposés à la chaleur brûlante du soleil. »
Souhayb subissait des tortures pour le forcer à abandonner l’Islam, au point qu’il perdait conscience et ne savait plus ce qu’il disait.
À son sujet, ainsi qu’à propos des croyants faibles qui furent persécutés, Allah révéla ce verset :
« Ensuite, ton Seigneur — pour ceux qui ont émigré après avoir été persécutés, qui ont lutté et qui ont patienté — ton Seigneur, après cela, est certes Pardonneur et Miséricordieux. »
(Sourate An-Nahl, verset 110)
Les polythéistes de Quraysh avaient l’habitude de rabaisser et de se moquer du Prophète ﷺ en raison de son amitié, son amour et sa proximité avec ces hommes et femmes faibles et pauvres.